C'était mon premier stage, en première année en école de commerce. Mon poste était vendeur polyvalent. Mes missions étaient les suivantes : accueil de la clientèle, accompagnement des clients dans leurs choix, gestion des stocks. Ce fut mon premier pas dans le milieu du commerce, et cela m'a appris plein de nouvelles choses, comme l'empathie et la compréhension des besoins des personnes. Dans ce métier, nous devons être une oreille attentive pour le client, afin de comprendre ses difficultés ou ses problèmes, pour lui proposer une expérience client la plus personnalisée possible, et pouvoir lui proposer les produits qui satisferont ses besoins et résoudront ses problèmes.
Mais aussi le self-contrôle, car on rencontre des personnes différentes chaque jour, donc on fait des rencontres incroyables, qui nous permettent de passer un bon moment avec les gens, et cela se ressent dans l'expérience client, où il est plus facile de comprendre le client et ses besoins. Mais on croise aussi des clients moins agréables : l'expérience ne change pas, mais c'est moins agréable pour le vendeur. C'est là que le self-contrôle est primordial, car c'est ce qui nous permet de rester professionnel, de satisfaire les besoins des clients et de les guider au mieux pour combler les problèmes et difficultés qu'ils rencontrent.
Après ces deux mois de stage, j'ai appris ce qu'était la vente dans un magasin, et les compétences que je devais avoir et développer pour parvenir à vendre. Durant ce stage, mes chiffres étaient bons pour un débutant, d'autant plus que je le faisais à Poitiers, qui est une petite ville. Mon PM (panier moyen) était d'environ 50€, mais ma plus grosse vente a été de 450€. Je participais aussi aux défis que le manager organisait pour augmenter le CA du magasin. Ce stage m'a également permis de voir le directeur régional de Jules, qui est passé vérifier si les vendeurs suivaient les conditions de vente de Jules.
Ce deuxième stage m'a fait découvrir un nouveau domaine, même si j'avais déjà travaillé pour eux en tant que bénévole (mais je le développerai dans la section bénévolat). Dans ce stage, j'étais assistant marketing de l'association. Mon but était de repérer les différents problèmes que rencontrait l'association et de proposer des solutions à mes supérieurs, pour qu'ils en parlent durant les AG de l'association.
Les différents problèmes que j'ai rencontrés étaient la difficulté à communiquer avec les membres de l'association, car 90% des membres étaient aveugles ou malvoyants. Cela m'a donné de nouvelles compétences, comme la création de documents accessibles pour les Easytime et les plages braille, afin que les personnes en déficience visuelle puissent avoir accès aux documents numériquement, mais aussi physiquement. En effet, j'assistais tous les mercredis après-midi à des cours d'échecs que l'AEPA finançait pour les jeunes de l'INJA (Institut National des Jeunes Aveugles). Pour moi, c'était le jour que j'attendais chaque semaine, car cela me montrait les différentes variétés de handicap liées à la vue. C'était super intéressant, et cela me motivait aussi à travailler, car je savais que mon travail servait une bonne cause qui me tenait à cœur. J'ai aussi fait la journée portes ouvertes de l'INJA, où je tenais un stand pour présenter les échecs au sein de l'école, tout en faisant la présentation de l'association.
Mais suite à ces visites du mercredi, j'ai aussi remarqué que l'association n'avait aucune présence sur le thème de la communication, et quand je parlais avec les élèves, ils ne connaissaient pas l'AEPA. J'ai donc décidé de parler avec les élèves un par un, pour leur poser des questions sur ce qu'ils voulaient, et en même temps je présentais l'association. Suite à ces échanges, j'ai appris qu'ils voulaient faire une compétition. Donc, avec mes supérieurs et des membres de l'INJA, nous avons organisé une soirée échecs dans un bar pour faire des compétitions ; il y avait aussi des membres de l'association qui joue aux échecs à des niveaux national et mondial.
Suite à ces deux mois de stage, j'ai appris énormément de choses : il faut réapprendre à communiquer et comprendre de nouvelles demandes spécifiques, que nous, personnes sans handicap visuel, avons du mal à imaginer. Pour moi, c'est l'une des plus belles expériences personnelles que j'ai réalisées, car j'ai aidé une cause qui me tenait à cœur.
Ce troisième stage était une nouvelle découverte, car mon poste était bras droit du CEO. Cela m'a permis de toucher à différentes choses, d'acquérir de nouvelles compétences, mais aussi d'en améliorer certaines. SonarVision est une startup qui permet de se faire guider par un système ultra-précis de GPS, grâce à la caméra du téléphone, avec une marge d'erreur de 1 à 2 mètres, sachant que les GPS classiques ont une marge d'erreur de 5 à 7 mètres. C'est une application dédiée aux personnes en déficience visuelle.
Les différentes missions que j'ai réalisées sont : du montage vidéo pour alimenter le compte Instagram de la startup, avec l'utilisation de DaVinci Resolve ; j'utilisais aussi Figma pour faire des trames et des miniatures pour les publications (tous ces travaux, vous pouvez les voir dans la section "Travaux réalisés"). J'ai aussi participé à des salons pour présenter l'application à de futurs utilisateurs, mais aussi aux familles qui venaient voir les nouveautés pouvant aider leurs proches en déficience visuelle. Cela m'a permis de travailler les compétences suivantes : le pitch de manière courte et détaillée, la compréhension de nouvelles demandes de la clientèle, et des difficultés rencontrées chaque jour pour se déplacer en autonomie. Ces salons permettaient aussi de trouver de futurs clients pour des missions spécifiques, comme baliser des bâtiments d'entreprise, des lieux publics...
J'aidais les clients à créer les itinéraires dont ils avaient besoin, et à m'assurer de leur sécurité sur la voie publique, grâce à un service en ligne de SonarVision. Mais aussi, avec le CEO, on allait sur le terrain pour voir les besoins spécifiques de certains clients : par exemple, un client avait besoin qu'on enregistre un tracé dans le bois de Boulogne pour qu'il puisse aller courir de façon autonome, en signalant les différents dangers fixes du parcours.
Dans ce stage, j'ai appris à utiliser l'application JOSM, une application de carte collaborative où tout le monde peut apporter des modifications à la carte pour ajouter des voies piétonnes, des routes, des feux rouges, etc. C'est une mission très importante pour l'application, car ce sont ces données qui sont utilisées pour créer les chemins permettant aux utilisateurs de se guider dans les villes.
À la suite de ces quatre mois de stage, j'ai appris plein de nouvelles choses, avec des logiciels que j'avais déjà utilisés comme DaVinci Resolve, mais ce stage m'a poussé à apprendre la colorimétrie, les différents masques qu'on peut faire, et l'utilisation de la Blackmagic Cam pour filmer en LOG afin de faire toutes les modifications en post-production. Mais j'ai aussi dû apprendre à utiliser des logiciels que je n'avais jamais utilisés, comme Figma et JOSM. C'était donc une expérience enrichissante de ce point de vue, mais aussi très enrichissante sur le plan humain et social, car cela ouvre les yeux sur des problèmes que les personnes sans handicap visuel ne se posent pas. Cela donne donc un autre point de vue sur le monde et sur la façon dont on peut faciliter leur vie. C'est aussi une cause qui touche plusieurs tranches d'âge : on rencontre des personnes devenues aveugles avec le temps, d'autres qui le sont de naissance. Cela nous montre les différents aspects de ce handicap, et nous permet de nous adapter au mieux aux besoins spécifiques de chacun.